David de Tscharner
Les Ambassadeurs

du 8 octobre au 12 novembre 2016

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    Vue d’exposition, Les Ambasssadeurs – David de Tscharner
    Galerie Escougnou-Cetraro, Paris

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    Vue d’exposition, Les Ambasssadeurs – David de Tscharner
    Galerie Escougnou-Cetraro, Paris

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    David de Tscharner, Ambassadeur VI, 2016
    Techniques mixtes sur Plexiglas

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    David de Tscharner, Ambassadeur II, 2016
    Techniques mixtes sur Plexiglas

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    Vue d’exposition, Les Ambasssadeurs – David de Tscharner
    Galerie Escougnou-Cetraro, Paris

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    David de Tscharner, Ambassadeur I, 2016
    Techniques mixtes sur Plexiglas. Détail

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    David de Tscharner, Ambassadeur VIII, 2016
    Techniques mixtes sur Plexiglas
    110 x 75 x 75 cm. Unique

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    Vue d’exposition, Les Ambasssadeurs – David de Tscharner
    Galerie Escougnou-Cetraro, Paris

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    David de Tscharner, Ambassadeur VII, 2016
    Techniques mixtes sur Plexiglas

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    David de Tscharner, Ambassadeur V, 2016
    Techniques mixtes sur Plexiglas

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    David de Tscharner, Ambassadeur V, 2016
    Techniques mixtes sur Plexiglas. Détail

Pour sa première exposition personnelle à la galerie Escougnou-Cetraro, David de Tscharner dévoile un nouvel ensemble de travaux. S’inscrivant dans la continuité de ses précédentes séries élaborées à partir de matériaux et d’objets récupérés au fil de ses déambulations (à l’instar de Fantasmagorie, montrée au FRAC des Pays de la Loire en 2014 et dans le project room de la galerie au printemps 2016), Les Ambassadeurs exploite le potentiel formel et poétique d’images collectées sur l’application mobile Instagram.

Ici et là, un visage ou un masque, une casquette, une nageoire de poisson, un gros plan sur le tronc d’un palmier… Autant de détails sélectionnés par l’artiste au hasard de ses connexions, sauvegardés, imprimés, agrandis, photocopiés et détourés avant d’être incrustés entre de la résine et du plexiglas. Des formes aléatoires non-identifiables y sont adjointes, creusées et découpées dans les mêmes matériaux et rehaussées de peinture. Tantôt organiques, tantôt anthropomorphes, elles rappellent celles disséminées au cœur de la Maison Grégoire à Bruxelles en début d’année pour l’exposition La Nature des Choses. Photographie, collage, peinture et sculpture ne font qu’un.

Transposées en volume sous forme de mobiles, les images choisies trouvent une seconde vie, dégagées du flux ininterrompu qui inonde la toile, affranchies de leur auteur, des commentaires et autres hashtags. Leur agrandissement et les découpes opérées par l’artiste les rendent difficilement identifiables ; le visiteur peut ainsi laisser libre court à son interprétation.

La présence de ces sculptures flottant dans l’espace implique un rapport privilégié avec leur environnement. Suspendues au plafond, se déployant dans toute la hauteur de la galerie à la manière de totems renversés, elles contraignent les déplacements et le regard du visiteur : les espaces libres autour d’elles déterminent des points de vue possibles en perpétuel mouvement. Comme le tableau de Hans Holbein le Jeune qui donne son titre à l’exposition, ces œuvres induisent le déplacement du spectateur pour être appréhendées. Double portrait en pied de diplomates, Les Ambassadeurs figure en effet en partie basse un crâne humain étiré et déformé, une anamorphose, qui se révèle uniquement en regardant l’œuvre de biais.

De même que les attributs des deux hommes représentés sur le tableau peuvent nous paraître obscurs aujourd’hui avec cinq siècles d’écart, les images d’Instagram ancrées dans notre temps, se révéleront certainement difficiles à comprendre pour les générations à venir. David de Tscharner conjugue ainsi passé, présent et futur tant dans les références convoquées (du De la nature des choses de Lucrèce aux planches encyclopédiques d’Ernst Haeckel, pour ne citer qu’elles), que dans les formes que prennent la plupart de ses œuvres : l’artiste redonne vie – tel un docteur Frankenstein – à des images, des matériaux ou des objets délaissés, qu’il glane, manipule, puis met à l’épreuve en les exposant au regard du public.

Pascal Bernard