Andrés Ramirez
« To keep the darkness sealed within » 

19.02.15 – 11.04.15  

Avec le soutien du Centre national des arts plastiques (aide à la première exposition )

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    Vue de l’exposition
    Andrés Ramirez : « To keep the darkness sealed within »

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    Dissolving as I speak, 2015.
    Dessin numérique, impression sur plexiglass, peinture spray, peinture carrosserie, peinture base d’alcool, cadre aluminium.
    140 × 200 cm.

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    Vue de l’exposition
    Andrés Ramirez : « To keep the darkness sealed within »

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    Vue de l’exposition
    Andrés Ramirez : « To keep the darkness sealed within »

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    Vue de l’exposition
    Andrés Ramirez : « To keep the darkness sealed within »

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    Vue de l’exposition
    Andrés Ramirez : « To keep the darkness sealed within »

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    Vue de l’exposition
    Andrés Ramirez : « To keep the darkness sealed within »

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    Stalking, 2015.
    Dessin numérique, impression sur plexiglass, peinture spray, peinture carrosserie, peinture base d’alcool, cadre aluminium.
    200 × 200 cm

« To keep the darkness sealed within » est la première exposition personnelle de Andrés Ramirez à la Galerie See studio.
Fondé sur l’analyse et la réappropriation de paradigmes de la production industrielle et de la communication visuelle, son travail d’installation assume un arbitraire poétique, une forme “harsh- noise” de romantisme spectral, quasi-psychotropique.
La convergence des nécessités d’efficience, de modularité et de rentabilité de la production industrielle définit des formes de manière hyper déterminée. Dans le travail d’Andrés Ramirez, cette spécificité formelle est utilisée et détournée pour définir un degré d’incertitude : la forme révèle son intentionnalité mais est maintenue à l’écart de sa subordination fonctionnelle. Livrées à leurs potentialités esthétiques et réagencées au sein de cet ordre poétique autonome, les formes ne délivrent plus leurs messages, leurs contenus programmés, que de manière discontinue, abstraite et offensive.
Le cadre de la peinture est ainsi réactualisé via un prolongement symbolique rattaché aux formes techniques contemporaines. Cadrer, décadrer, recadrer l’espace de la galerie, mais aussi les œuvres elles-mêmes. L’artiste crée une structure métallique qui se déploie sur les cimaises : des cadres disloqués en suspension définissent de nouvelles perspectives, mais aussi de nouveaux rapports entre fond et figure, surface bidimensionnelle et sculpture réelle. Les assemblages sculpturaux, les impressions digitales sur plexiglas, les objets en plâtres n’occupent les cadres que partiellement, s’ancrent dans les intervalles, laissant apparaitre des distances.
Transformant notre perception du lieu par la définition d’un cadre théorique et concret, “To keep the darkness sealed within” cible les composantes structurelles et conceptuelles du médium pictural afin de les rapporter à l’échelle de l’espace de la galerie créant un redoublement dysfonctionnel de son architecture. L’exposition se comprend comme une installation globale qui investit le lieu dans sa totalité, une structure en dialogue avec les images et les volumes. 

[...]
To keep the darkness sealed within
A moon‐piece to fetch up the golden cup

[The singing that follows is not in English. When this song was played at John Balance’s funeral
service, Peter Christopherson described it as « a language that only he knows ».]
Coil, Batwings.

L’œuvre d’Andrès Ramirez continue de remonter une ligne de production industrielle, et ouvre dans l’exposition « To keep the darkness sealed within » sur une scène médiatique :

Catherine Austin se fraya un chemin, à travers les éléments de l’exposition, vers le jeune homme à la peau sombre vêtu d’un manteau noir.

L’arrière‐plan se compose d’une structure d’acier, qui se déploie dans l’espace jusqu’à court‐circuiter la galerie. Branchées sur ce réseau, à la manière de panneaux électriques, trois grandes peintures diffusent de la distorsion graphique.

C’est une image générée, expliqua‐t‐elle. Traçage vectoriel, reconstitution cartographique des textures…» Tandis qu’elle le fixait, le visage lui sourit depuis la courbure du dôme, derrière l’ouragan au ralenti d’objets perdus.  

S’élevant dans une succession d’assemblages horizontaux, les profilés d’acier dessinent une armature englobante. Ce geste sculptural amorce une tension plastique, qui en jouant avec les peintures va de l’usinage se cristalliser dans l’accident.

Elle dit que c’est comme s’il y avait une zone de dépression dans les murs de son esprit, une ouverture, un puits, une cheminée, quelque chose comme ça, et de temps en temps son esprit est irrésistiblement attiré vers ce trou, aspiré par lui, disparaissant dans Dieu sait quoi.

Ce mouvement de piston, entre une organisation rationnalisée et son point d’effondrement, instaure le principe mécanique comme modèle conceptuel de l’exposition. Une grille se trace, un plan auquel les gestes se greffent et se réfèrent. Toutefois, ici les peintures font basculer ce mode opératoire industriel, propre à la pratique d’Andrès Ramirez, et l’orientent sous un nouvel angle : celui de la communication. L’œuvre s’éclaire alors d’une manière inédite. Elle se déplace, et évolue de l’horizon industriel au passage des médias.

Jean‐Baptiste Lenglet, février 2015