Vue de l’exposition « Reflets, coïncidence »
Galerie Escougnou-Cetraro, 2015

Muriel Leray est née en 1987 à Hyères, elle vit et travaille à Paris.
Diplômée de la Sorbonne (avec Michel Verjux) et de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ateliers de Giuseppe Penone, Guillaume Paris et Claude Closky), elle a participé à plusieurs expositions collectives en France et à l’étranger. En 2014 elle a présenté son travail dans le cadre des expositions “Plus Une Pièce” (Une Pièce en Plus, Paris) et “Toujours +” (Galerie Florence Loewy… by artists, Paris), dont elle a également assuré le commissariat avec Elsa Werth. Parmi ses expositions en duo, “d’intérieur le lit” avec John Cornu à Le 3 (Paris) en 2010 et “Reflets, coïncidence.” avec Anna Tomaszewski à la Galerie Escougnou-Cetraro (Paris) en 2015. En 2016 elle présente son exposition personnelle  à la galerie Escougnou-Cetraro, expose à La Vitrine, Le Plateau, FRAC Ile-de-France et au Pavillon Vendôme Cetre d’art Contemporain de Clichy.
Depuis 2012 elle travaille au développement de Keep Thinking : artist-run spaces, commissariats et éditions.

 

Les œuvres de Muriel Leray sont une affaire de contexte. Réalisées sur mesure, ces ensembles composés de cadres –plaques de verre ou cartons– et de mots déposés au vinyle agissent avec les murs, les angles, les radiateurs et les tuyaux qui les entourent dilatant toujours un peu plus les limites dans lesquels ils opèrent.
À la fois solidaires et indépendants, le cadre et le mot semblent organiser un ensemble hiérarchisé sur le modèle de l’opposition. Dessinant les contours d’un vide, le rectangle circonscrit un espace qui vient agir en contradiction à l’apparente volubilité du texte.

Permettant au contraire à l’artiste d’extraire son travail d’un monde trop bavard, c’est fragilisé dans sa syntaxe que ce dernier superpose ou entoure le cadre qui lui sert de pendant. Ne conservant du texte que son aspérité, Muriel Leray crée un trébuchement qui fait dérailler la bande et rompt définitivement l’homogénéité de l’ensemble.
Le point de basculement de ce “faire peu” qui opère par soustraction se situe dans le creux qui sépare le texte de son voisin géométrique. Le cadre qui fait “bloc” dans cet ensemble apparemment rodé au millimètre, fait quasiment le premier l’expérience de cette faille. En vidant l’espace où l’on tenterait maladroitement de mettre du sens, l’artiste soustrait son travail à une globalité qui accepterait tout et ne ferait le tri de rien. L’échec de cette saisie vient alors faire “bugger” l’énorme machine bruyante, permettant à chacun de s’octroyer le temps d’une pause.
Elisa Rigoulet